Un conflit inter-ethnique grandissant

Les premières alertes ont été lancées voici quelques semaines sur les forum des voyageurs toujours attentifs à la sécurité : « La situation est très tendue dans l’état Rakhine, à l’ouest de la Birmanie. Aux dernières nouvelles, à prendre avec des pincettes, la région de Mrauk U est épargnée. En revanche, il y a beaucoup de violences dans la région de Sittwe. Les secteurs de Thandwe, Buthidaung, Maung-Taw, et Gwa sont également touchés. Des centaines de maisons et des dizaines de magasins et une maison d’hôtes à Maung-Taw ont été incendiés et on dénombre déjà des dizaines de morts. Le secteur est plutôt déconseillé en ce moment ».

L’escalade des violences n’a pas cessé depuis et une école musulmane de Rangoun, la capitale a été incendiée faisant 13 victimes parmi les enfants et forçant la communauté internationale à se tourner vers ce qui était un conflit inter-ethnique local.

Les nouvelles de Birmanie étaient ces derniers temps plutôt encourageantes, avec l’ouverture démocratique, la libération puis l’élection à l’Assemblée de l’icône Aung San Suu Kyi, à la députation, le retour des médias privés ou exilés. Les troubles actuels font découvrir des violences inter-ethniques entre une ethnie bouddhiste et une ethnie musulmane, qui s’enveniment depuis 2012.

Sur le Global Post Patrick Winn avertit qu’il ne s’agit pas d’un conflit local et isolé qui se contiendra facilement. « Des tensions entre bouddhistes, le groupe religieux dominant du pays, et les musulmans deviennent rapidement l’un des des plus épineux et des plus inattendus problèmes de l’ère des réformes au Myanmar. Les moines bouddhistes du Myanmar – vus généralement comme des héros légendaires pour avoir conduit les manifestations contre les militaires au pouvoir – ne sont pas toujours aussi pacifiques quand le sujet des musulmans est évoqué. »

Dans le conflit latent entre les bouddhistes birmans du Rakhine et la minorité musulmane qui vient d’exploser, ce sont ces derniers, les Rohyingas qui sont les cibles de violences de la part des bouddhistes et qui ont été appelés par le Haut comité aux réfugiés de l’ONU, « l’une des minorités les plus persécutées au monde ». Meridiane Geo faisait dès juillet dernier un constat pessimiste du règlement de ce conflit qui s’envenime depuis 2012 mais auquel les différents voisins du Myanmar ne veulent pas se mêler : « Les Rohingyas vivent depuis des siècles au Rakhine, où ils seraient environ 750 000. Mais les autorités birmanes ne leur accordent pas le statut de citoyen et les traitent comme des immigrés clandestins venus du Bangladesh. Durant le long règne de l’armée sur le pays, des milliers d’entre eux se sont réfugiés au Bangladesh pour fuir les persécutions. Toutefois, Dacca n’en veut pas non plus. (…) L’Inde regarde ces violences avec grande inquiétude, sachant que la région occupe un rôle de premier plan dans sa stratégie qui vise à établir de meilleures connexions avec le Myanmar et le reste de l’Asie du Sud-Est ».

Source: atlantico

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