Les bonzes radicaux

La dictature des bonzes

L’actuel président Thein Sein vient de mettre sur papier les propositions des bonzes radicaux de Organisation pour la protection de la race, de la religion et de la foi (OPRRB).

Ces moines revendiquent une unique religion au sein de leur pays. Cette nouvelle loi (en prévision) n’est en faites qu’une extension d’une précédente loi visant a stigmatiser le peuple Rohingya applicable maintenant à plus grande échelle.

Cette loi vise premièrement à contrôler le nombre de naissance dans les régions à majorités musulmanes aux nombre de deux. De plus la loi stipule que toute personne bouddhiste souhaitant se convertir devra faire référence à l’administration. Autant être plus clair en précisant qu’une reconversion vers une autre religion relèvera du mythe et n’évoquons pas le fait de se convertir à l’islam….

Là où la loi sur la religion devient encore plus fort , c’est que toute femme bouddhiste souhaitant se marier avec un ressortissant d’une autre religion devra avoir l’accord de sa famille , de la famille du conjoint ainsi que de l’administration. Mais là où la loi devient plus ridicule: le mari doit obligatoirement se convertir au bouddhisme.

L’Ouest de la Birmanie connaît des épisodes de violence agravés entre les communautés musulmane et bouddhiste, qui concernent en particulier l’ethnie très persécutée des Rohingyas en Arakan (État Rakhine). Selon les chiffres du gouvernement birman, ces violences auraient fait plus de 200 morts et environ 140 000 déportés, un chiffre largement sous estimé, selon les ONG locales.

Mais il reste encore de l’espoir dans ce pays en proie au chaos. L’église catholique fait preuve de raison pour inspiré une religion pourtant très axé sur la réflexion. En effet l’archevêque de Rengoun c’est  exprimé ainsi:

« un acte relevant de la liberté individuelle. Nul ne peut contraindre quelqu’un à embrasser ou à quitter une religion (…), pas même ses parents, l’État ou des moines. »

A sa voie vienne s’ajouter celle d’ Aung Saan Suu Kyi , ayant toujours prôné la neutralité dans ce conflit:

« ces mesures discriminatoires et ces violations des droits de l’homme ainsi que des droits des femmes « .

Un conflit inter-ethnique grandissant

Les premières alertes ont été lancées voici quelques semaines sur les forum des voyageurs toujours attentifs à la sécurité : « La situation est très tendue dans l’état Rakhine, à l’ouest de la Birmanie. Aux dernières nouvelles, à prendre avec des pincettes, la région de Mrauk U est épargnée. En revanche, il y a beaucoup de violences dans la région de Sittwe. Les secteurs de Thandwe, Buthidaung, Maung-Taw, et Gwa sont également touchés. Des centaines de maisons et des dizaines de magasins et une maison d’hôtes à Maung-Taw ont été incendiés et on dénombre déjà des dizaines de morts. Le secteur est plutôt déconseillé en ce moment ».

L’escalade des violences n’a pas cessé depuis et une école musulmane de Rangoun, la capitale a été incendiée faisant 13 victimes parmi les enfants et forçant la communauté internationale à se tourner vers ce qui était un conflit inter-ethnique local.

Les nouvelles de Birmanie étaient ces derniers temps plutôt encourageantes, avec l’ouverture démocratique, la libération puis l’élection à l’Assemblée de l’icône Aung San Suu Kyi, à la députation, le retour des médias privés ou exilés. Les troubles actuels font découvrir des violences inter-ethniques entre une ethnie bouddhiste et une ethnie musulmane, qui s’enveniment depuis 2012.

Sur le Global Post Patrick Winn avertit qu’il ne s’agit pas d’un conflit local et isolé qui se contiendra facilement. « Des tensions entre bouddhistes, le groupe religieux dominant du pays, et les musulmans deviennent rapidement l’un des des plus épineux et des plus inattendus problèmes de l’ère des réformes au Myanmar. Les moines bouddhistes du Myanmar – vus généralement comme des héros légendaires pour avoir conduit les manifestations contre les militaires au pouvoir – ne sont pas toujours aussi pacifiques quand le sujet des musulmans est évoqué. »

Dans le conflit latent entre les bouddhistes birmans du Rakhine et la minorité musulmane qui vient d’exploser, ce sont ces derniers, les Rohyingas qui sont les cibles de violences de la part des bouddhistes et qui ont été appelés par le Haut comité aux réfugiés de l’ONU, « l’une des minorités les plus persécutées au monde ». Meridiane Geo faisait dès juillet dernier un constat pessimiste du règlement de ce conflit qui s’envenime depuis 2012 mais auquel les différents voisins du Myanmar ne veulent pas se mêler : « Les Rohingyas vivent depuis des siècles au Rakhine, où ils seraient environ 750 000. Mais les autorités birmanes ne leur accordent pas le statut de citoyen et les traitent comme des immigrés clandestins venus du Bangladesh. Durant le long règne de l’armée sur le pays, des milliers d’entre eux se sont réfugiés au Bangladesh pour fuir les persécutions. Toutefois, Dacca n’en veut pas non plus. (…) L’Inde regarde ces violences avec grande inquiétude, sachant que la région occupe un rôle de premier plan dans sa stratégie qui vise à établir de meilleures connexions avec le Myanmar et le reste de l’Asie du Sud-Est ».

Source: atlantico

Presentation

Bonjour  et bienvenu sur notre site.

Nous sommes actuellement trois étudiants en étude d’ingénieur à l’ISEN Brest.  Nous avons décidé de partager avec vous ce que nous allons découvrir et analyser d’un conflit qui nous était il y a quelques temps encore presque inconnu.

Nous sommes particulièrement ouvert à tout échange concernant notre thème du conflit en Birmanie.  Les critiques sont bien entendu acceptées dans la mesure où celles-ci sont construites et réfléchies.

Nous espérons que vous prendrez du plaisir à parcourir nos articles.

Vous pouvez nous contacter :

erwan.le-faou@isen-bretagne.fr
jonathan.le-gall@isen-bretagne.fr
charles.lamour@isen-bretagne.fr

La Birmanie, depuis 1948

1948 : colonisée par les Britanniques depuis 1853, occupée par les Japonais de 1942 à 1944, la Birmanie accède à l’indépendance.
1949-1955 : le pays est en proie à la guerre civile déclenchée par les communistes et la minorité chrétienne Karen.
1962 : face à la recrudescence des insurrections, le général Ne Win, commandant en chef de l’armée, prend le pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat.
1988 : un soulèvement populaire réclame la fin du régime. La répression fait plusieurs centaines de morts. Le général Ne Win démissionne. Des militaires, dirigés par le général Saw Maung, prennent le pouvoir. La junte autorise la création de partis politiques, notamment de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), dirigée par Aung San Suu Kyi, fille du général Aung San, héros de l’indépendance.
1989 : Aung San Suu Kyi est assignée à résidence.
1990 : aux élections législatives, la Ligue nationale pour la démocratie (NLD) d’Aung San Suu Kyi remporte 392 des 485 sièges. Les militaires ne reconnaissent pas les résultats. Le Parlement élu ne siègera jamais.
1991 : le prix Nobel de la paix est attribué à Aung San Suu Kyi. 

1992 : Avril : le général Saw Maung, démissionnaire, est remplacé à la tête de la junte par le général Than Shwe.
Septembre : levée de la loi martiale, en vigueur depuis les émeutes de 1988.
1993 : ouverture d’une Convention nationale chargée de rédiger une nouvelle constitution, officiellement à caractère plus démocratique. 

Juillet 1995 : Aung San Suu Kyi est libérée, après six ans d’assignation à résidence.
1996 : manifestations étudiantes en faveur de la démocratie. Juillet 1997 : la Birmanie intègre l’Association des nations du Sud-Est asiatique (ASEAN).
Août 1998 : la junte fait arrêter des députés élus en 1990.
Mars 1999 : le mari d’Aung San Suu Kyi, un universitaire britannique, meurt d’un cancer en Angleterre. La dissidente décline l’offre des militaires de se rendre à son chevet en Grande-Bretagne, de crainte de ne pas être autorisée à rentrer à Rangoon.  

2000

Septembre : Aung San Suu Kyi et les membres de la direction de la LND sont de nouveau assignés à résidence.
Octobre : sous les auspices de Razali Ismaïl, envoyé spécial de l’ONU, la junte militaire engage le dialogue avec l’opposition en vue d’une transition démocratique.
Novembre : l’Organisation internationale du travail (OIT) recommande des sanctions contre la Birmanie en raison de la persistance du travail forcé dans le pays.  

Août 2001: libération de 250 prisonnier politiques, dont le président de la NLD, Aung Schwe.  

2002

20 mars : Rangoun et l’OIT signent un accord sur la présence en Birmanie d’un « fonctionnaire de liaison » de l’organisation pour suivre la question du travail forcé.
6 mai : les restrictions aux déplacements et aux activités de Aung San Suu Kyi sont levées.
Septembre : quatre membres de la famille de l’ancien dictateur Ne Win sont condamnés à la peine de mort pour tentative de coup d’Etat. Ne Win et sa fille sont assignés à résidence. 

2003

30 mai : Aung San Suu Kyi est arrêtée, après des affrontements qui ont fait quatre morts entre ses partisans et ceux de la junte.
1er juin : la junte ferme les principales permanences de la NLD dans le pays et place en résidence surveillée sept membres de sa direction.
16 juillet : le Congrès américain vote une série des sanctions économiques contre la Birmanie.
30 août : le nouveau premier ministre, le général Khin Nyunt, annonce un plan en sept points pour restaurer la démocratie, incluant des élections « justes et libres » et une nouvelle Constitution. 

2004

Janvier : le gouvernement birman et la principale guérilla ethnique armée de Birmanie, l’Union nationale karen (KNU) mettent fin à plus de 50 ans d’hostilités. Des négociations sont engagées sur les droits et le territoire des Karens.
Mars : le gouvernement annonce qu’il va convoquer une convention nationale chargée de rédiger une constitution en vue d’une démocratisation.
Avril : la junte autorise la réouverture du siège de la Ligue nationale pour la démocratie, et deux de ses dirigeants sont libérés, mais Aung San Suu Kyi reste assignée à résidence.
Mai : ouverture d’une convention nationale, chargée de rédiger la future Constitution; boycottée par l’opposition, elle sera ajournée en juillet.
Octobre : le premier ministre, le général Khin Niyunt, est arrêté pour corruption.
Novembre : à la veille du sommet de l’Asean, la junte libère plus de 9000 prisonniers.
Décembre : le groupe pétrolier américain Unocal, accusé de travail forcé, annonce un versement d’indemnisations pour éviter des poursuites judiciaires. 

2005

Janvier : libération de plus de 5 500 détenus en l’honneur du 57ème anniversaire de l’indépendance.
Février : reprise de la Convention nationale d’élaboration de la nouvelle Constitution, toujours boycottée par l’opposition.
7 mai : une série d’attentats à la bombe à Rangoun fait au moins 20 morts.
Novembre : les autorités militaires annoncent le déplacement de la capitale à Pyinmana, à 300 km au nord de Rangoon.
29 novembre : le groupe pétrolier Total annonce l’indemnisation de 8 Birmans qui l’accusaient de travail forcé pour la construction d’un gazoduc entre 1995 et 1998. 

2007

Janvier : la Chine et la Russie opposent leur veto à une résolution de l’ONU condamnant la Birmanie pour son bilan en matière de droits humains.
Avril : restauration des relations diplomatiques avec la Corée du Nord.
25 mai : l’assignation à résidence d’Aung San Suu Kyi est prolongée de deux ans.
Août-septembre : manifestations contre l’augmentation du prix des carburants et des transports. Des bonzes reprennent le flambeau de la contestation à l’encontre du pouvoir militaire. Le couvre-feu est instauré dans la capitale et à Mandalay. La police réprime violemment les manifestations faisant une trentaine de morts. 

2008

Avril : la junte publie un projet de Constitution qui doit être soumis à un référendum en mai. Il prévoit qu’un quart des sièges du Parlement sera réservé à des officiers désignés par l’armée et rend inéligible Aung San Suu Kyi.
Mai : l’ouragan Nargis dévaste la Birmanie, faisant près de 134 000 morts et 2,5 millions de sans abri dans le delta de l’Irrawaddy. La junte refuse l’accès du territoire aux ONG. Elle maintient le référendum constitutionnel, approuvé par 92% des votants selon les résultats officiels.
Novembre : les autorités multiplient les procès expéditifs et les condamnations massives à l’encontre des opposants. 

2009

Janvier-mars : la Thaïlande expulse des réfugiés membres de l’ethnie Rohingya (musulmans) qui tentent de fuir la Birmanie.
Avril : la Ligue nationale pour la démocratie pose des conditions à sa participation aux prévues élections par la junte en 2010 : libération des prisonniers politique ,s ‘amendement de la Constitution de 2008 et une supervision internationale de ces élections.
L’Union européenne prolonge pour un an ses sanctions : embargo sur les ventes d’armes, gel des avoirs de responsables de la junte.
Mai : Aung San Suu Kyi est arrêtée et jugée pour avoir, selon les autorités, enfreint les règles de son assignation à résidence. Elle aurait hébergé, début mai, un Américain à la santé mentale fragile qui avait gagné à la nage la demeure de l’opposante, située en bordure d’un lac.
Août : poursuivie pour avoir hébergé un Américain qui avait rejoint sa demeure à la nage, Aung San Suu Kyi est condamnée à dix-huit mois d’assignation à résidence. 

2010 

Février : Tin Oo, le numéro 2 de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) est libéré sept ans après son arrestation et à quelques mois des élections promises par la junte militaire.
La Cour suprême rejette la demande de libération d’Aung San Suu Kyi et confirme sa condamnation à 18 mois d’assignation à résidence.
Mai : la Ligue nationale pour la démocratie, le parti d’Aung San Suu Kyi qui a annoncé son intention de boycotter les élections législatives de l’automne est officiellement dissoute.
Novembre : premières élections en vingt ans. Cette consultation doit à permettre à la junte de continuer à diriger le pays en installant un régime à ses ordres. L’Union de la solidarité et du développement (USDP), parti créé par la dictature, obtient une large majorité des sièges du nouveau parlement.
Aung San Suu Kyi est libérée après sept ans de résidence surveillée, le 13 novembre. 

2011

Mars : la junte est officiellement dissoute. Ses pouvoirs sont transférés à un nouveau président, Thein Sein.
Aout: le nouveau président rencontre Aung San Suu Kyi dans la capitale Naypyidaw.
Octobre-novembre: le régime libère plusieurs centaines de prisonniers politiques.
Décembre: La Ligue nationale pour la démocratie redevient légale et annonce sa participation aux prochaines élections. En visite à Rangoun, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton rencontre Aung San Suu Kyi. 

2012

Janvier: le gouvernement birman signe un cesse-le-feu avec le principal groupe rebelle Karen, ouvrant l’espoir d’une porte de sortie pour l’une des guerres civiles les plus anciennes de la planète.
Avril: à l’occasion de législatives partielles, la LND remporte 33 des 45 sièges en lice. Aung San Suu Kyi est élue députée avec 82% des voix. Les Etats-Unis annoncent la levée de sanctions financières contre la Birmanie.
Mai: à l’occasion du Forum économique mondial pour l’Asie de l’Est, Aung San Suu Kyi se rend en Thaïlande, son premier voyage hors de la Birmanie depuis 24 ans.
Juin: des violences communautaires contre la minorité Rohingyas secouent l’Etat Rakhine, qui est placé sous état d’urgence. Dans les mois suivants, les violences contre cette communauté musulmane, considérée par l’ONU comme l’une des plus persécutées au monde, se multiplient, faisant des dizaines de morts. Les partisans à l’étranger de la « Dame de Rangoun » lui reprochent sa réaction en demi-teinte aux violences ethniques.
Novembre: visite historique de Barack Obama en Birmanie. 

2013

Février : voyage officiel en Europe de Thein Sein, le premier d’un président birman en 60 ans.
Mars: des affrontements entre communautés bouddhiste et musulmane dans la ville de Meiktila dans le centre de la Birmanie font une quarantaine de morts.
Avril: quatre quotidiens privés sont lancés pour la première fois depuis un demi-siècle.
L’Union européenne lève les dernières sanctions en vigueur à l’exception de l’embargo sur les armes.
Mai: première visite d’un président birman aux Etats-Unis depuis les années 1960. Barack Obama salue les réformes entreprises en Birmanie, mais réclame la fin des violences anti-musulmanes.
Juin : Aung San Suu Kyi annonce qu’elle va briguer la présidence en 2015. 

Nouveaux combats dans le nord de la Birmanie

L’ONU s’est alarmée de l’intensification en Birmanie des affrontements armés dans l’Etat Kachin.

« Nous sommes inquiets après des rapports faisant état de reprise des hostilités en Etat Kachin, et notamment de bombardements à proximité de villages ou de camps de réfugiés », a expliqué Pierre Peron, porte-parole du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires.

L’ONU a appelé à protéger les civils alors que les combats ont déjà fait fuir près de 100 000 personnes depuis que les affrontements ont repris en 2011 après dix-sept ans de cessez-le-feu.

L’armée a reconnu être à l’origine d’un tir d’artillerie lourde sur un camp d’entraînement de rebelles kachin ayant fait 22 morts, en une rare reconnaissance de la violence des affrontements qui se poursuivent dans le nord du pays.

ÉCHEC DES NÉGOCIATIONS

Les dernières négociations pour un accord de cessez-le-feu national entre le pouvoir birman et les groupes armés de minorités ethniques ont échoué en septembre, alors que les rébellions restent un défi majeur pour le gouvernement de transition en Birmanie. Après la

dissolution de la junte en 2011, le nouveau gouvernement a lancé des négociations de paix avec les groupes rebelles, parvenant à des cessez-le-feu avec la plupart d’entre eux.

A un an des législatives cruciales attendues fin 2015, les espoirs de paix au niveau national se sont heurtés à la méfiance et à la poursuite des combats dans certaines régions. Une trêve a déjà été conclue avec quatorze des seize principaux groupes rebelles. Mais les discussions avec la KIA et l’Armée nationale de libération Ta’ang, dans l’Etat Shan, n’ont pas abouti.

 

Source : Le Monde

Les ethnies en Birmanie